Mon Top 5 des sommets de #3000m
#5 - Pic de la Font Sancte - 3385m - Queyras
Comment ne pas intégrer le point culminant du Queyras dans mon top 5 ? Ce pic n’est pas le plus accueillants des sommets lorsque l’on décide de s’y aventurer en été mais il offre une récompense époustouflante une fois gravi. Le départ s’effectue depuis Basse Rua dans le Val d’Escreins, un vallon aussi sauvage qu’hostile, accessible en voiture depuis la route du col de Vars. Depuis le parking, il faut compter une approche assez longue le long du rif Bel jusqu’à atteindre l’oratoire de la Font Sancte. Une fois l’oratoire passé, les choses sérieuses peuvent commencer. Fini la petite balade bucolique le long du torrent. On prend de la hauteur et on aperçoit les sommets saillants qui semblent nous toiser depuis le ciel. Le vallon est encore large et aéré et la sente qui nous mène vers le petit lac est facile à suivre. Une fois ce point d’eau atteint, on entre dans une cathédrale minérale où la roche est reine. Nous ne sommes plus vraiment dans le registre de la randonnée mais bien de la survie. Survivre aux potentiels chutes de pierre et à cet immense pierrier instable qui revêt toutes les caractéristiques de l’hostilité.
J’y suis allé à deux reprises. Et chaque fois la montée dans cette partie s’est avérée pénible et délicate. Obligé de prendre les vires latérales pour s’extraire de ce champ de pierres devenu trop inhospitalier. Mais une fois les vires passées et le replat du relais secours atteint, la dernière partie s’effectue sans trop de difficultés pour peu que l’on est encore bien conservé ses forces. L’ambiance est unique. Surtout qu’il y a rarement foule au balcon. La récompense est bel et bien au rendez-vous et ce sommet tient toutes ses promesses. La promesse d’être ce surveillant hautain du lac Ste Anne et la promesse également de revêtir une place centrale parmi les grands voisins du coin. Un sommet qui marque de part l’incertitude et le manque de visibilité horizontale lorsque l’on se sent piégés en bas du pierrier mais qui offre aussi une descente ludique et engagée entre ses deux pics. Ambiance garantie. Retour par le même itinéraire.
#4 - Mont Thabor - 3178m - Haute Vallée de la Clarée
Si l’on veut réaliser un premier 3000, le Mont Thabor endosse toutes les caractéristiques pour une première fois. Un sentier évident, une montée progressive, pas de difficultés majeures, un peu de monde, et beaucoup de place au sommet. En tout cas c’est comme çà qu’il m’a marqué mais l’ascension n’est tout de même pas évidente lorsque l’on s’engage depuis le parking de la vallée étroite. Ce n’était pas mon premier 3000 mais par contre c’était mon vrai premier week-end randonnée avec ma compagne. Ce n’était pas prévu au programme mais la météo parfaite et l’envie débordante d’aller voir la vue au sommet ont eu raison de notre planning prévisionnel. J’avais vendu un petit week end tranquille pour se dégourdir les jambes mais on a fini avec presque 35km au compteur.
Revenons au Thabor. Il tire sa spécificité de sa petite chapelle présente sur le replat sommital. Bien utile pour s’abriter en cas de mauvais temps ou bien pour déjeuner à l’abri du vent. Je me souviens avoir été comme un enfant lors de notre arrivée au sommet. Traînant un peu la patte, ma copine m’avait dit que je pouvais accélérer. Et cela tombait très bien, car j’avais aperçu au loin du randonneur vêtu d’un haut orange fluo qui semblait avancer à un très bon rythme. Je m’étais alors fixé de le rattraper avant le sommet. Un petit défi qui m’avais bien amusé et qui m’avait ensuite permis de redescendre pour effectuer la fin de la montée tous les deux. Les photos prises depuis le sommet ont encore un impact significatif dans ma mémoire, certainement parce que nous les avions imprimées afin de les garder en souvenirs. C’est en tout cas un superbe sommet qui offre lui aussi une vue spectaculaire et qui se prête très bien à une belle boucle un peu gourmande en terme de kilométrage.
#3- Pain de Sucre - 3208m - Queyras
Là encore, j’ai réalisé l’ascension à deux reprises mais dans des conditions assez différentes. La première avait été réalisée lors d’un tour du Queyras en solo que je m’étais accordé à la fin du mois de juin après la période COVID. J’avais donc réalisé l’ascension à la fraîche le matin, plutôt de bonne heure sans être extrêmement matinal non plus. La deuxième a été réalisée après une journée de randonnée avec les clients et j’avais saisi l’opportunité de la proximité des lieux pour aller tutoyer le sommet une nouvelle fois 5 ans après.
Le Pain de Sucre est particulier pour plusieurs raisons : sa position sur la frontière italienne, sa proximité avec le Mont Viso, sa proximité avec le Col Agnel qui en fait un 3000 facilement accessible depuis les parkings sous le col ainsi que la diversité des sentes qui mènent au sommet. Vue du refuge Agnel, il semble arborer fièrement son extrême verticalité mais une fois approché et apprivoisé, il sait se montrer accueillant. Ce n’est pas rare que de nombreux bouquetins y trouvent refuge le temps d’une sieste prolongée face au soleil. Ce fut d’ailleurs le cas lors de cette deuxième ascension où je me suis retrouvé nez à nez avec une quinzaine de bouquetins qui se prélassaient sans réellement prendre note de ma visite.
Le Pain de Sucre est un balcon idéal pour profiter de la beauté des lieux. Une vue plongeante sur les lacs du vallon de Bouchouse (Foréant et Egorgéou), une vue prenante sur la partie italienne vers Chianale et Mont Dauphin ainsi qu’une vue saisissante sur tous les sommets voisins et même les géants lointains lorsque le temps est au beau fixe.
#2- Mortice - 3169m - Haute Vallée Ubaye
Une fois n’est pas coutume, c’est en Ubaye que j’ai réalisé mes plus belles ascensions. D’abord la première (voir l’article sur mes plus belles randos) mais également de nombreuses autres découvertes et aventures dans la Haute Vallée que je considère comme mon petit coin de paradis privilégié. Pour la Mortice, c’est à deux que nous étions montés pour aller découvrir cet étonnant sommet aux finitions aplaties et aux dimensions bien élargies. Un peu comme le sommet de la Condamine face aux Ecrins, la Mortice offre un grand replat digne des plus beaux belvédères aériens.
Le départ de la randonnée est quelque peu brutal puisqu’on évolue pendant près de trois kilomètres dans des pentes avoisinant les 30%. Disons que pour une entrée en matière, on aurait imaginé plus doux. Ensuite, la longue remontée du vallon de Serenne nous conduit au col dans cet univers marqué par de gros blocs s’étant certainement détachés des falaises adjacentes. Une fois le col atteint, on bifurque à droite pour trouver sur notre chemin le discret lac des neufs couleurs que nous laissons également pour rejoindre le col qui n’en est pas vraiment un mais qui permet de regagner ce curieux replat qui semble infini. Atteindre cette langue de roche à 3000m d’altitude nous a offert un délicieux moment de contemplation et de partage avec là encore une vue remarquable sur les sommets ubayens ainsi que sur les Ecrins.
#1- Bric Rubren - 3340m - Haute Vallée Ubaye
Ce n’était pas évident de faire un choix lorsque l’on a plus d’une trentaine de sommets à sélectionner mais j’ai choisi ce jour de juillet 2020 où je m’étais octroyé une nouvelle virée en Haute Ubaye pour panser les plaies d’une période sombre qui nous a contraint à rester enfermés plusieurs semaines en intérieur. Je ne détaillerai pas les particularités de ce sommet car c’est davantage la journée en elle même que j’ai choisi plutôt que la beauté du sommet mais j’en garde un souvenir impérissable agrémenté de belles photos et de moments sincèrement profonds de joie et de sentiment de liberté intense. Juste intemporel, saisissant et enivrant.